« Rappelle-toi ! Souviens-toi de ce jour que tu n'as pas vécu ! »
Qui a dit ça ?
Où suis-je ?
La pluie qui vient caresser son visage, et le mien, a un gout-merveille, gout-vermeil, et la chaleur d'un corps. Seulement ses lèvres, seulement ses lèvres et ce contacte enivrant comme la bouteille, que ma mains a lâchée et dont le bruit cristallin ressemble plus à celui d'un verre, d'un souvenir de verre brisé, lointain. Mains qui remontent le long des hanches, lentement, la taille, frémissant, le dos, indistinctement, comme un « nous » improvisé au hasard des gouttelettes immatérielles de mon rêve surréaliste. Sa peau laisse glisser l'eau comme sur les pétales d'une rose. Quelque chose de sérieux dans ce sourire qui m'embrasse, quelque chose de sincère.
Vite, supprimer ce qui est établi, ne plus voir que le réel, ce réel qui m'échappe, cette rose n'en ai plus une, elle n'existe plus, n'est plus qu'une infime réminiscence persistante lors des après-midi pluvieux où l'été se déguise en automne frémissant.
L non plus, elle non plus ! L'oublier. Je l'oublierai ! Je l'oublie.
Ne plus croiser ses yeux, ne plus me laisser submerger par sa simple présence, désormais, et partir quoiqu'il arrive. Bientôt, tout ça me semblera comme éloigné, j'aurais retrouvé distance et froideur. Clame et sérénité. Tristesse et chocolat.